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Le poids et les émotions : ce que notre corps cherche à nous dire


Et si le poids n’était pas seulement une question d’alimentation ou d’activité physique ?


En kinésiologie, je rencontre souvent des personnes qui ont tout essayé : régimes, sport, motivation… et pourtant, le poids reste, revient, ou résiste. Derrière cette réalité, il y a parfois une dimension essentielle que l’on oublie : « Les émotions ».


NOURRITURE ET EMOTIONS : UN LIEN INSCRIT DEPUIS TOUJOURS


Bien avant les régimes, les calories ou les injonctions modernes, le lien entre nourriture et émotions faisait déjà partie de la vie humaine.

Dès la naissance, l’alimentation est associée à bien plus que le simple fait de se nourrir. Un bébé ne reçoit pas seulement du lait : il reçoit de la chaleur, du contact, de la sécurité, de l’amour. Manger est alors profondément lié au sentiment de réconfort.


En grandissant, ce lien se renforce naturellement :


  • un enfant triste que l’on console avec un goûter

  • une récompense associée à un dessert

  • des repas familiaux synonymes de partage et de sécurité

  • des fêtes où la nourriture devient joie et célébration


La nourriture devient ainsi un langage émotionnel universel.


Manger pour se sentir mieux : un réflexe naturel


Face à une émotion difficile — stress, tristesse, solitude — il est donc tout à fait logique que le corps et le cerveau cherchent à retrouver cet état de réconfort connu.

Ce mécanisme n’est pas un manque de volonté mais plutôt une mémoire profondément ancrée.

Manger peut alors :


  • apaiser temporairement une tension

  • procurer une sensation de douceur

  • remplir un vide émotionnel

  • créer un moment de pause dans un quotidien chargé


Pendant quelques instants, cela fonctionne… et c’est précisément pour cela que ce comportement se répète.


Se libérer de la culpabilité


Comprendre ce lien permet de changer de regard : on ne mange pas mal, on cherche à se réguler. La vraie question devient alors : de quoi ai-je réellement besoin à ce moment-là ?


  • de réconfort ?

  • de repos ?

  • d’écoute ?

  • de sécurité ?


Lorsque l’on commence à répondre à ces besoins autrement, la relation à la nourriture évolue naturellement, sans lutte. Revenir à cette compréhension, c’est déjà faire un premier pas vers une relation plus apaisée avec son corps… et avec soi-même.


Ce que nos expressions disent déjà du lien entre nourriture et émotions


Dans notre langage quotidien, le lien entre nourriture et émotions est omniprésent… souvent sans même que nous nous en rendions compte.

Depuis toujours, le corps et l’alimentation s’expriment à travers des images, des métaphores, des ressentis.

Il suffit d’écouter certaines expressions pour s’en rendre compte :


  • “J’ai avalé ça de travers”

  • “Je n’arrive pas à digérer ce qui s’est passé”

  • “Ça me reste sur l’estomac”

  • “J’ai une boule au ventre”

  • “Je me fais de la bile”

  • “Je rumine”

  • “Je n’ai plus d’appétit”

  • “Je me remplis pour oublier”


Ces phrases ne sont pas anodines. Elles traduisent une réalité profonde : nous vivons nos émotions dans notre corps, et très souvent dans notre système digestif.

Ne dit-on pas que le ventre est notre “deuxième cerveau” ?

Et ce n’est pas qu’une image. Le système digestif possède son propre réseau de neurones, appelé le système nerveux entérique. Il est directement relié au cerveau et joue un rôle essentiel dans la gestion de nos émotions.



Cela explique pourquoi :


  • le stress peut provoquer des douleurs abdominales

  • une émotion forte peut “nouer” le ventre

  • l’anxiété peut perturber la digestion etc...


Le ventre ressent, réagit et mémorise.







Le corps parle avant les mots


Avant même de pouvoir mettre des mots sur ce que nous ressentons, le corps, lui, réagit.


  • Une contrariété peut “couper l’appétit”

  • Un stress peut “nouer le ventre”

  • Une situation difficile peut être “indigeste”


Le ventre est souvent le premier à s’exprimer quand quelque chose ne va pas.

Apprendre à écouter son ventre, c’est donc apprendre à écouter une partie profonde de soi.


Le langage populaire est le reflet de cette intelligence corporelle. Il montre que, intuitivement, nous savons déjà que : ce que nous vivons émotionnellement impacte directement notre manière de manger… et de digérer.


LE LANGAGE DU POIDS 


Notre corps est intelligent. Il ne stocke pas “par erreur”.

Chaque prise ou perte de poids peut avoir un sens, une fonction, un rôle.


En kinésiologie, nous considérons que le corps peut :


* protéger

* compenser

* exprimer ce qui ne peut pas être dit autrement


Le poids devient alors un langage.


Le poids comme protection


Certaines personnes prennent ou perdent du poids après des périodes difficiles :


* séparation

* deuil

* stress intense

* traumatismes (même anciens) etc...


Le corps peut créer une forme de “barrière”, comme une protection inconsciente :


* se rendre moins visible

* éviter le regard des autres

* se sentir “en sécurité”


C’est une stratégie de survie.

Exemple : prendre du poids lorsque l’on a vécu une agression (être + volumineux = être plus fort).


Dans ce contexte, grossir ou maigrir peut alors être une réponse du corps, une adaptation face à un vécu émotionnel ou à un besoin de protection


Les émotions “retenues” ou non digérées


Nous vivons dans une société où l’on apprend peu à accueillir ses émotions.


Résultat :


* on ravale

* on évite

* on contrôle


Mais une émotion non exprimée ne disparaît pas. Elle reste dans le corps et peut exprimer un conflit de manque ou de vide. Le poids vient alors « remplir ».


Certaines personnes compensent avec la nourriture :


* pour apaiser une anxiété

* pour combler un vide

* pour calmer une tristesse


Parfois, il devient difficile de distinguer la faim physique d’un besoin émotionnel. Le corps réclame alors autre chose que de la nourriture, même si cela passe par l’acte de manger.


Certains aliments, notamment le sucre, apportent un réconfort rapide en agissant sur le système de récompense du cerveau, ce qui peut renforcer certains automatismes.


Le lien entre poids et histoire personnelle


Parfois, le poids est lié à des mémoires plus profondes :


* des croyances (ex. “je ne mérite pas…”, “je dois me protéger…”, « je n’ai pas le droit de perdre »…)

* des schémas familiaux (ex. « il faut faire un enfant costaud » après la perte d’un enfant chétif)

* des expériences de l’enfance (ex. « je n’ai pas été désiré alors je vais prendre de la place pour affirmer ma présence ou au contraire, je vais me faire tout petit »)


Le corps garde ces empreintes, même quand le mental les a oubliées.


Le poids et le transgénérationnel : ce que nous portons sans le savoir


Et si une partie de notre relation à la nourriture et au poids ne nous appartenait pas entièrement ?


Nous sommes tous héritiers d’une histoire familiale.

Au-delà de la génétique, nous portons aussi des mémoires émotionnelles, des vécus, des croyances… parfois inconscientes.


Dans certaines familles, la nourriture a une place très particulière, souvent liée à des expériences passées :


* des périodes de manque ou de privation

* des guerres ou des contextes d’insécurité

* des blessures émotionnelles non exprimées

* des habitudes transmises de génération en génération


Dans ces contextes, des messages implicites peuvent s’installer :


* “Il faut finir son assiette”

* “On ne gaspille pas”

* “Manger, c’est se protéger du manque”

* “Il faut stocker, au cas où”


Ces croyances peuvent continuer à influencer notre comportement… même si aujourd’hui, la situation a changé. Parfois, ce ne sont pas seulement des habitudes, mais des émotions non résolues qui se transmettent : un deuil non fait, une peur du manque, une insécurité profonde…


Ces mémoires peuvent s’inscrire dans le corps et se manifester à travers une relation compliquée à la nourriture, des comportements de compensation ou encore une tendance à stocker.


Dans cette lecture, le poids peut parfois représenter une fidélité inconsciente à sa famille

Prendre conscience de ces mécanismes ne signifie pas rejeter son histoire ou sa famille.

Au contraire. Il s’agit de reconnaître ce qui a été, avec respect, tout en choisissant ce qui est juste pour soi aujourd’hui.



En mettant de la conscience sur ces transmissions, il devient possible de faire la différence entre “ce qui m’appartient” et “ce que je porte” et de retrouver une relation plus libre avec la nourriture et le corps.


Des chiffres et des kilos :


Selon le Docteur Salomon Sellam, dans certaines histoires de vie, un chiffre reste profondément ancré (un âge en rapport avec un drame etc…). Ce chiffre peut être « incorporé » en terme de kilos. 

Exemples : une femme a pris 12 kg après le divorce de ses parents (elle avait 12 ans), une autre a perdu son fils de 25 ans, elle a pris 25 kg…

Voici comment notre inconscient fonctionne : il vient se rappeler à nous de diverses façons.


VIE INTRA-UTERINE : LES PREMIERES EMPREINTES


La période intra-utérine est un moment fondamental. Le fœtus ne se développe pas seulement physiquement : il perçoit aussi son environnement, les variations émotionnelles de la mère, le climat dans lequel il grandit. Pendant la grossesse, le bébé est en lien direct avec sa mère. Même sans mots, ces informations sont intégrées sous forme de sensations. Le corps enregistre déjà une manière de vivre la sécurité… ou l’insécurité.


Inconsciemment, le fœtus peut associer :


  • alimentation → sécurité

  • manque ou stress → insécurité

  • alimentation → danger (problématique avec le cordon, diabète gestationnel de la mère, intubation à la naissance etc…)


Si la mère vit :


  • des angoisses importantes

  • des restrictions alimentaires

  • des difficultés émotionnelles

  • un sentiment d’insécurité


le bébé peut intégrer une forme de vigilance ou de besoin de compensation.

Plus tard, cela peut se traduire par :


  • une relation anxieuse à la nourriture

  • des comportements de remplissage

  • une difficulté à ressentir la satiété ou le manque


Ces premières mémoires ne sont pas mentales. Elles sont corporelles. Elles peuvent s’exprimer à travers des sensations diffuses, des comportements automatiques, comme si le corps réagissait à quelque chose de très ancien, sans que la personne comprenne pourquoi.


LE REGARD DE LA MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE


En Médecine Traditionnelle Chinoise, le corps et les émotions sont intimement liés. Chaque organe est associé à une émotion, et un déséquilibre émotionnel peut perturber le fonctionnement énergétique du corps.

Dans le cas du poids, certains organes jouent un rôle central :


La Rate et l’Estomac


Ils sont liés à la digestion… mais aussi à la réflexion et aux soucis.


  • Trop de pensées, de ruminations → affaiblissent la Rate

  • Une Rate affaiblie transforme moins bien les aliments

  • Résultat : accumulation, lourdeur, stockage

  • et surtout… des envies de sucre


Le sucre est associé à l’élément Terre en MTC, lié à la Rate.

En petite quantité, il peut avoir un effet réconfortant et nourrissant. Mais en excès, il affaiblit encore davantage la Rate, créant un cercle :

  • stress ou surcharge mentale


    → affaiblissement de la Rate


    → envie de sucre


    → fatigue digestive et stockage


Ce mécanisme peut influencer les habitudes alimentaires et favoriser une prise de poids progressive.


Le Foie


Il est associé à la gestion des émotions, notamment la colère et la frustration.


  • Émotions refoulées → stagnation de l’énergie du Foie

  • Cette stagnation perturbe la digestion

  • Peut entraîner des compulsions alimentaires ou un stockage irrégulier


Quand émotions et énergie se rencontrent


Ce que la MTC (Médecine Traditionnelle Chinoise) nous montre, c’est que le corps ne sépare pas le physique de l’émotionnel et qu’un déséquilibre intérieur peut se manifester dans le poids.

Cela rejoint profondément l’approche en kinésiologie : libérer les émotions, c’est aussi permettre au corps de retrouver sa fluidité.


CE QUE PERMET LA KINESIOLOGIE


La kinésiologie permet d’aller à la source, en douceur.

Grâce au test musculaire, on peut :


* identifier les stress émotionnels liés au poids

* comprendre les mécanismes inconscients

* libérer les blocages


L’objectif n’est pas de “forcer” le corps à changer, mais de lever ce qui l’empêche de retrouver son équilibre naturel.


Le travail thérapeutique (dont la kinésiologie) permet justement de revisiter ces mémoires en douceur et de libérer les charges émotionnelles associées pour que peu à peu, la relation à la nourriture puisse se transformer, non pas par contrôle, mais par apaisement.

Et si, au lieu de lutter contre votre corps, vous appreniez à l’écouter ?




En conclusion, le poids est souvent bien plus qu’une question de calories. C’est une histoire. Une émotion. Un vécu. Et lorsque l’on prend le temps de l’écouter, le corps peut enfin relâcher ce qu’il portait. Apprendre à reconnaître sa faim est essentiel dans la compréhension du lien entre poids et émotions.


Si vous ressentez que votre poids est lié à quelque chose de plus profond, sachez que vous n’avez pas à faire ce chemin seul(e). La kinésiologie peut vous accompagner avec douceur et respect.


 
 
 

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